Salon éducation

Affiche violence scolaire

Nous sommes interpellés ce jour par de nombreux collègues directeurs au sujet de l’affiche qui accompagne la circulaire 4156. Cette circulaire met en avant le numéro vert dans le cadre des violences scolaires au sein des établissements.

Si sur la démarche les collègues directeurs ne semblent pas s’inquiéter, l’affiche de « promotion » diffusée par voie postale ce jeudi apporte des réactions diverses.

Ces réactions sont aussi ponctuées d’un refus, parfois même par les équipes enseignantes, d’afficher ce document.

Nous pouvons  rassembler les réactions en deux grands groupes. L’un où les directions d’écoles lisent que l’affiche semble indiquer que c’est l’école qui crée la violence scolaire et l’autre où les directions lisent que l’affiche semble indiquer que dès que des enfants pleureront à l’école pour un oui ou pour un non, les parents appelleront le numéro vert …

Ces deux grands groupes s’accordent pour une chose : le retrait et/ou la correction de cette affiche en émettant l’idée que, puisque les directions sont, une nouvelle fois, les courroies de transmission de tels documents, il serait bien de faire appel à leur expertise  avant impression  pour éviter de passer à côté d’un message important.

Il semble important de signaler à nos membres et collègues directeurs que ces documents n’ont pas fait l’objet d’une communication lors de la dernière réunion de simplification administrative.

Nous avons pris contact avec les services de La direction générale émettrice de ces circulaires et informé le cabinet de la Ministre de l’Enseignement. Madame Lise-Anne Hanse, directrice générale, a prêté une oreille attentive à vos inquiétudes. Elle va, avec ses équipes, réfléchir afin de pouvoir tenir compte de vos indications.

Bien évidemment, le regard sur une image ou une photographie est multiple. Les directions, consciemment (ou pas !), mesurent au quotidien l’énergie à déployer à la  Communication au sein des écoles.

En effet, les directions savent que la communication est un outil qui peut être un  paramètre au sein des forces de changement. A ce titre, ils savent que cet outil ne peut être négligé et doit, entre autres, pouvoir tenir compte du contexte et/ou des acteurs  en présence.   La réaction de nos collègues directeurs montre une distorsion entre ces forces. L’outil « affiche » proposé présente pour eux un message qui ne correspond pas à leur environnement immédiat et desservira souvent des démarches déjà mises en place, parfois au prix d’un long travail d’équipe, au sein de leurs établissements. Ces directions ont évidemment toute la liberté de ne pas utiliser l’outil proposé !

Cependant, ces collègues directeurs (et pour rappel leurs équipes éducatives) vont au-delà de cette analyse pertinente car, pour eux, le message véhiculé par de tels outils vers l’environnement extérieur (relations monde de l’enseignement et société) est tronqué.

Il faut retenir de ces réactions qu’aucun changement, de la diffusion d’un numéro vert à un changement de paradigme, ne peut  s’effectuer sans les acteurs (encore moins si l’on compte sur eux pour diffuser les informations) concernés. Bien sûr, tous les changements ne doivent pas, malgré ses grandes qualités, être des « changements participatifs ». Ils peuvent aussi n’être que consultatifs, brutaux, imposés … il ne faut pas alors s’étonner des limites, de l’efficience et de la pertinence et des maigres résultats de tels changements avec parfois (souvent ?) un gros risque de passer à côté des objectifs visés (aussi bons qu’ils soient).

Madame Hanse, comme indiqué plus haut, s’engage, en réponse aux inquiétudes des directions du premier groupe sur la forme de l’affiche incriminée, à réfléchir à l’outil lui-même avec ses services. A l’attention des inquiétudes du second groupe de directions sur les travers de telles démarches, Madame Hanse tient vraiment à indiquer que la consigne donnée aux interlocuteurs du numéro vert sera de renvoyer à l’interpellation des écoles. Concrètement, par exemple non exhaustif, si une famille appelait suite à un conflit sur une cour de récréation, les interlocuteurs du numéro vert demanderont si la famille a déjà pris contact avec les acteurs de terrain dans le cadre de la procédure régissant l’établissement scolaire. Il ne s’agit pas de se substituer aux enseignants, éducateurs, surveillants et directeurs.

Yves Thomée, secrétaire Général

Nicolas Demande, Administrateur

Affiche au format pdf en cliquant sur ce lien.

 

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