Salon éducation

CONFERENCE AIDE Salon Education La Ministre répond à nos questions

Dans le cadre de sa coopération avec le Salon de l’Education, l’A.I.D.E. a organisé, lors de la journée des directions de ce 16 octobre 2014, une grande Conférence en présence de la Ministre de l’Education Joëlle MILQUET.

Il faut souligner, au-delà de sa participation à cette conférence AIDE, la présence de Madame MILQUET lors de l’accueil traditionnel des directions d’écoles ainsi que sa visite post-conférence au stand de l’AIDE pour y rencontrer, avec ses collaborateurs, les directions présentes lors du traditionnel drink offert par l’Association. Sans doute, une belle manière de souligner l’importance accordée aux directions d’écoles présentes.

Comme annoncé, devant une assemblée de plus de 500 personnes, Madame La Ministre de l’Education  est intervenue sur le thème de « la place des directions d’écoles dans le pacte d’excellence ».

En voici le résumé (l’AIDE remercie Mr Belande) :

Intervention sur le budget

Dans son intervention, la ministre souligne que le cadre budgétaire est en augmentation de 1%, soit 34 millions d’euros pour l’exercice 2015. Par ailleurs, les mesures d’encadrement de l’augmentation des dépenses dans l’enseignement ne seront que de 0,7%, soit 36 millions d’euros. Les principales mesures pour atténuer cette réduction de l’augmentation sont de décaler dans le temps les nouvelles politiques, de prendre en considération les effets retours des mesures en cours et d’optimaliser un certain nombre de dépenses. La ministre explique que l’accord de la Saint Boniface sera donc honoré.

Intervention sur le Pacte d’excellence

La ministre a également présenté le pacte d’excellence avec les acteurs de l’enseignement, et notamment ceux du fondamental. L’idée forte du pacte est de créer une dynamique avec et pour l’ensemble des acteurs afin d’améliorer l’offre et la qualité de l’enseignement afin de tirer le maximum de chaque enfant par le soutien pédagogique et de donner aux acteurs les meilleurs outils.

Cette dynamique sera constituée de quatre phases distinctes. A partir de janvier 2015, commencera une phase de diagnostic qui associera l’ensemble des acteurs. Un site Internet permettra de collecter l’ensemble des retours de ces derniers concernant notamment les bonnes pratiques pédagogiques, les avis sur le cadre réglementaire et pédagogique ainsi que sur les pratiques de management. La deuxième phase débutera à Pâques et permettra d’établir les nouveaux objectifs. La ministre signale qu’en dehors du cadre réglementaire, cette redéfinition des objectifs est ouverte à toutes les idées. Fin 2015 débutera la troisième phase qui consistera en la rencontre avec les écoles de Bruxelles et de Wallonie. Au terme de la précédente, vers la Pâques 2016, la quatrième phase se matérialisera par un changement des arrêtés. Une Task Force a spécialement été constituée pour mener à bien ce processus en travaillant avec les P.O., les syndicats, l’administration et les directions d’école. Des questions comme l’adéquation de l’offre scolaire avec les besoins de la société seront ainsi envisagées, mais aussi les questions sur le redoublement, le tronc commun, le pilotage des écoles, les évaluations, etc.

Une communication plus détaillée sur ce sujet sera prochainement envoyée aux acteurs de l’enseignement.

La ministre souligne l’importance qu’il y aura à favoriser la diffusion des bonnes pratiques pédagogiques, mais aussi tous les aspects liés à la gouvernance telle que la modernisation de la gestion et la simplification administrative.

La ministre a également évoqué la place spécifique des directeurs d’école du fondamental. Elle a mentionné le résultat d’études mettant en corrélation l’augmentation des résultats scolaires à l’augmentation du temps consacré par les directeurs à l’encadrement pédagogique. Une série de mesures est donc envisagée dont les premières sont d’assurer une plus grande autonomie des directeurs d’école, une diminution de la rigidité du statut de directeur ainsi qu’une diminution de la charge administrative pour le directeur. Pour y arriver, plusieurs pistes sont explorées comme le fait de trouver des moyens budgétaires afin de renforcer l’encadrement administratif. Cela passe par exemple par une mesure déjà actée (c’est une faculté qui est donnée, et non une obligation) qui permet désormais de prélever 30% de la dotation de fonctionnement pour l’affecter à de l’emploi alors que jusqu’à présent, seuls 20% pouvaient être prélevés uniquement pour du personnel d’entretien. Afin d’optimiser les budgets, la ministre évoque les mécanismes des centrales d’achat ou des marchés publics, notamment dans le domaine de l’énergie et de l’information (hardware et logiciel) afin de réduire le coût individuel pour chaque école. Les marges dégagées pourraient alors être réaffectée à d’autres usages.

La ministre mentionne également la possibilité d’enrichir les formations dispensées aux directeurs, notamment en management et dans l’utilisation d’outils de gestion. Elle a enfin souligné la nécessité de simplifier l’administration scolaire rappelant les pertes de temps liées aux circulaires, à l’excès de formulaires et d’information demandée sur les formulaires. Un des axes essentiels pour y arriver est de passer par une révolution numérique permettant de fluidifier la communication, et ce dans un dialogue avec les acteurs concernés.

Questions-réponses

Nos membres nous ont adressé de nombreuses questions pour la Ministre. Les administrateurs de l’AIDE ont rassemblé ces questions par thèmes et extrait 4 questions qui ont été posées à La Ministre :

Question 1 : La réforme des pensions s’annoncent au niveau du Gouvernement Fédéral. Les directions d’écoles doivent-elles s’inquiéter pour les DPPR ?

« Sur le fait que nous devons nous inquiéter sur les mesures prises par le Fédéral en termes de pensions, la réponse est oui. » La ministre dénonce l’addition  des mesures qui avaient toujours été refusées depuis 2007. Ces mesures touchent essentiellement le secteur public et donc les fonctionnaires. Elle s’insurge particulièrement contre la fin du calcul des périodes de formation dans la carrière dès 2017, qualifiant la mesure d’injuste. En 8 ans, les enseignants perdront 4 années de carrière qui auraient pu leur permettre de partir de manière anticipée.

La ministre explique que les mesures prises en CFWB ne toucheront pas aux droits acquis des enseignants et ni au DPPR, le système des fins de carrière qui est préservé. Joëlle Milquet a annoncé qu’un processus avait été lancé avec les syndicats pour discuter des aménagements de fin de carrière, parlant notamment du tutorat comme mesure d’accompagnement.

 

Question 2 : L’engagement pris par la dernière mandature concernant les APE octroyés pour l’aide administrative des directions d’écoles du fondamental. Ces aides seront-elles maintenues ?

 

Concernant les points APE, Joëlle Milquet explique que les accords pris précédemment ne sont pas remis en question, que les engagements seront tenus. Comme il s’agit d’une compétence régionale, elle rencontrera prochainement la ministre de l’Emploi Eliane Tillieux pour en discuter avec elle..

 

Question 3 : Va-t-on poursuivre la simplification administrative pour les écoles ?

 

La ministre est claire sur ce point. La simplification des documents, le passage à une gestion numérique de l’enseignement y compris pour l’administration font partie des priorités. Pour le renouvellement des ordinateurs administratifs des écoles, elle évoque à nouveau la possibilité de passer par des centrales d’achat ou des marchés publics, mais aussi par une analyse des besoins en hardware et en logiciels.

Question 4 : Qu’en est-il de l’école numérique ?

La ministre fait référence à sa collaboration avec le ministre Marcourt et rappelle l’existence de l’appel à projets qui a généré 478 réponses. De nombreux projets ont été retenus (200) et la Région Wallonne finance l’acquisition de matériel tandis que la Fédération Wallonie-Bruxelles accordera 4 périodes par semaine aux établissements dont le projet a été sélectionné, durant la période couverte par cet appel à projets, à savoir du 1er janvier 2015 au 30 juin 2016.

 

Comme chaque année, il est possible de nous adresser vos questionnements via notre site ou via notre adresse secretariat@aide-asbl.be. Nous interrogerons alors les collaborateurs de la Ministre de l’Education pour bonne suite.

Merci à tous pour la belle réussite de cette journée.

Et bienvenue aux nouveaux membres !

Pour le CA de l’AIDE,

Ghislain MARON, Directeur d’école, Président

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