Salon éducation

Formation initiale des enseignants

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Le Ministre de l’enseignement supérieur, Jean Claude Marcourt, soumettait cette semaine un avant- projet de décret relatif à la formation initiale des enseignants.

Une note d’orientation a été remise à ses collègues du gouvernement. Cette note peut se résumer en cinq points :

 

1. 3 + 2 = 5

 - Dans la déclaration de politique communautaire en 2009, le gouvernement s’était engagé à une réforme qualitative de la formation initiale des enseignants. Depuis, on attendait.

 

De nombreux groupes de travail ont cependant, de manière assidue, planché sur cette possible réforme afin, en temps utile, de proposer des pistes. Pistes  qui seraient issues des acteurs de terrain.

 

En se basant sur une étude des facultés Universitaires St Louis à Bruxelles qui met en évidence un certain nombre de faiblesses qui génèrent des difficultés pour les enseignants sur le terrain (lacunes, surcharge de matière sur 1 période, manque de stage, …), le Ministre propose un passage des études de 3 à 5 ans.

 

Tous les enseignants accèderaient ainsi au master

 

2.  Ensemble

 La note propose une année de formation commune (de l’instituteur au prof du secondaire) pour ensuite bifurquer au choix de l’enseignant vers une spécialisation par tranches d’âges : 2,5-8ans, 8-12 ans (voire 14), 14 (voire 12) – 18 ans.

Le Ministre suggère de rassembler tous ces étudiants au sein d’une même institution (hautes écoles et/ou universités).

 

3. Revalorisation salariale

 Formés en 5 ans et masterisés = barême 501 (actuels licenciés ou masterisés)

 Pour les enseignants actuels, des passerelles de formations complémentaires leur permettraient de passer du barême actuel 301 au 501.

 

4. Un test à l’entrée

Le Ministre propose un test de français obligatoire mais non sélectif à l’entrée. Les candidats qui auraient échoués se verraient ainsi donner l’occasion de remédier rapidement aux lacunes constatées.


 Pour le Ministre, cela met l’accent sur l’importance de cette compétence.

 

 5.  500 Millions ?

Coût estimé de cette proposition de réforme ministérielle = 500 millions. Ces 500 millions seraient étalés dans le temps.

 

Ce coût estimé de la réforme serait compensé à terme  par une baisse substantielle de l’échec scolaire (redoublement). Baisse due à la meilleure qualité de la formation des enseignants.

 

Notons :

 

  • La Belgique est l’un des derniers pays européens où la formation n’est pas universitaire et/ou dispensées sur 3 années. Cependant, des pays où les enseignants sont universitaires ont aussi un taux important d’échec scolaire. Preuve que l’enseignement est un tout.
  • Le modèle finlandais si souvent évoqué en exemple (souvent pour justifier des mesurettes) fonctionne bien sur ce modèle universitaire mais en laissant beaucoup d’autonomie aux directions et aux équipes éducatives.
  • Une part énorme des jeunes enseignants quittent la fonction très tôt.
  • La pénurie est fortement ressentie dans certaines régions de la CFWB, dans certaines communes, dans certaines écoles.
  • Les effets de la pénurie se font lourdement ressentir :
    • Zapping scolaire
  • §  100 % des enseignants fonctionnent
  • Les directions d’écoles fondamentales sont écrasées par la gestion administrative de leur école et présentent d’énormes difficultés à accueillir, suivre et soutenir les jeunes enseignants, les stagiaires, etc…
  • Nous nous plaignons, et très souvent à juste titre, de la pauvreté orthographique des étudiants que nous recevons en stage. Il en va de même parfois pour des enseignants actuels de dernières générations. Nous nous plaignons aussi de leur manque de culture générale –livresque par exemple-  et de leur sens mathématique.
  •  Paradoxe, les étudiants qui seraient ainsi testés sont issus de … notre filière d’enseignement !
  •  Mr R. DESCHAMPS (UNamur) estime lui que le coût de cette réforme se monterait à minima à 650 millions. Il juge par ailleurs que des exemples existent qui ne lient pas la formation universitaire des enseignants à une baisse de l’échec scolaire. De plus, il indique que si ces 650 millions étaient supportés par le budget de la FWB, il resterait (très très) peu de marges pour d’autres politiques, le fonctionnement, les bâtiments.
  •  Les directions d’écoles sont des enseignants …

 

L’AIDE plaidera pour que les directions d’écoles soient, comme acteur de première ligne, entendus sur ce dossier. L’AIDE note que Mr MARCOURT propose qu’un groupe d’experts analyse le schéma proposé et que les « atouts et limites du scénario élaboré » soient discutés avec les acteurs concernés. L’AIDE trouve extrêmement dommageable que les associations de directions ne soient pas associées sans l’intermédiaire de leurs PO ou de leurs organisations syndicales alors que l’importance de la direction d’école apparaît, elle aussi, dans les engagements gouvernementaux.

 

Ghislain Maron, Président

 

Yves Thomée, Secrétaire Général

 

 

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